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Intelligence artificielle

Ce qu'il ne faut jamais coller dans une IA, et les réglages à changer aujourd'hui

Vos équipes utilisent probablement déjà l'IA pour rédiger, résumer ou corriger. Le risque n'est pas l'outil, il est dans ce qu'on lui donne. Voici ce qui ne doit jamais y entrer, la règle simple à appliquer avant chaque copier-coller, et les réglages à changer une bonne fois.

6 min de lecture
Activé L'entraînement sur vos échanges, par défaut en formule personnelle
Vous Le responsable de l'usage, pas l'éditeur de l'outil
3 réglages À changer une fois, dans les paramètres
10 minutes Le temps de mettre votre équipe à l'abri

Il y a deux façons de se tromper sur ce sujet. La première est de croire que l’intelligence artificielle est un danger et de l’interdire, ce qui ne fait que déplacer l’usage sur les téléphones personnels. La seconde est de considérer que c’est un outil comme un autre et de laisser chacun y coller ce qu’il veut. Entre les deux, il y a une poignée de règles simples qui tiennent en dix minutes de mise en place.

Ce n’est pas un sujet de juriste, c’est un sujet de réflexe

Quand un salarié colle un tableau de clients dans un outil d’IA pour lui demander un résumé, il n’a pas conscience de faire quoi que ce soit d’anormal. Il gagne du temps, le résultat est bon, il recommence la semaine suivante.

Le problème n’apparaît pas ce jour-là. Il apparaît le jour où un client demande ce que vous faites de ses données, le jour où un concurrent apprend ce que contient votre fichier, ou le jour où vous devez expliquer par écrit comment ces informations ont circulé.

Le point que tout le monde manque

Ce n'est pas l'éditeur de l'outil qui répond de l'usage que vous en faites, c'est vous. En transmettant des données personnelles à un service d'IA, votre entreprise reste responsable de ce traitement vis-à-vis des personnes concernées. L'outil est un moyen, pas un paravent.

Ce qui ne doit jamais sortir de chez vous

La liste est courte et elle se retient. Rien de ce qui suit n’a sa place dans un outil d’IA grand public, quelle que soit l’urgence.

À ne jamais coller

  • Un fichier client ou prospect avec des noms, des adresses, des téléphones ou des e-mails
  • Toute donnée de santé, même mentionnée en passant dans un compte rendu
  • Des coordonnées bancaires, un relevé, un numéro de carte, un identifiant de paiement
  • Un document couvert par un secret professionnel ou par une clause de confidentialité
  • Un contrat en cours de négociation, une grille tarifaire interne, un dossier d'appel d'offres
  • Des éléments concernant vos salariés : contrats, arrêts, évaluations, dossiers disciplinaires
  • Un identifiant ou un mot de passe, même temporaire

Deux catégories méritent une mention particulière parce qu’elles passent souvent inaperçues. Les données de santé d’abord, qui se glissent dans un compte rendu sans qu’on y pense et qui bénéficient d’une protection renforcée. Les documents d’autrui ensuite : le devis d’un fournisseur, le cahier des charges d’un client, le dossier confié par un partenaire. Ce ne sont pas vos informations, et vous n’avez pas le droit d’en disposer librement.

Les trois réglages à changer aujourd’hui

Sur les formules personnelles de la plupart des outils, gratuite comprise, vos échanges servent à améliorer le modèle tant que vous ne l’avez pas désactivé. Sur les formules professionnelles et les accès par interface de programmation, c’est l’inverse : l’entraînement est coupé par défaut.

Voici où se trouve le réglage. Les interfaces bougent régulièrement, donc considérez ces chemins comme une indication et vérifiez l’intitulé exact chez vous.

Où couper l'entraînement sur vos données

  • ChatGPT : votre profil, puis Réglages, puis Contrôles des données, puis désactiver l'amélioration du modèle
  • Claude : votre nom, puis Réglages, puis l'onglet Confidentialité
  • Gemini : votre compte Google, puis Données et confidentialité, puis l'activité des applications Gemini
  • Mistral : Réglages, puis les contrôles de données et de compte

Un point important, et souvent mal compris. Désactiver l’entraînement vaut pour la suite, pas pour le passé. Ce qui a déjà été envoyé et utilisé n’est pas retiré du modèle par une case décochée. C’est précisément pour cela que la règle de tri à l’entrée compte davantage que le réglage lui-même.

Notez aussi que couper l’entraînement ne veut pas dire que rien n’est conservé. La plupart des éditeurs gardent les conversations un certain temps pour des raisons de sécurité et de lutte contre les abus, y compris quand l’entraînement est désactivé.

La question à se poser avant chaque copier-coller

Toutes les règles du monde ne valent pas un réflexe simple, applicable en deux secondes par quelqu’un qui a autre chose à faire. Celui-ci fonctionne bien.

Est-ce que j’accepterais que ce texte se retrouve, un jour, dans un moteur de recherche public ?

Si la réponse est non, il ne part pas tel quel. Cela ne veut pas dire renoncer à l’outil, cela veut dire l’utiliser autrement. Une IA n’a pas besoin du nom de votre client pour rédiger un courrier de relance : elle a besoin du contexte, du ton et du montant. Remplacez les noms par des étiquettes, retirez les identifiants, gardez la structure. Le résultat est aussi bon et le risque disparaît.

C’est d’ailleurs souvent à ce moment que les gens progressent vraiment sur l’outil. Anonymiser oblige à formuler une demande claire, et une demande claire donne un meilleur résultat.

Ce qui change quand vous avez des salariés

Tant que vous êtes seul, l’affaire se règle par de la discipline personnelle. Dès que d’autres personnes utilisent l’outil pour le compte de l’entreprise, trois obligations apparaissent.

Vous devez informer les personnes dont les données passent par ces outils, clients, candidats ou salariés selon les cas. Vous devez inscrire ce traitement dans votre registre, au même titre que les autres. Et si l’usage présente un risque élevé pour les personnes, une analyse d’impact est attendue.

S’y ajoute l’obligation de littératie prévue par le règlement européen sur l’IA, qui demande que les personnes utilisant ces outils pour votre compte aient un niveau suffisant de maîtrise. Nous l’avons détaillée dans un autre article, sur ce que l’AI Act impose vraiment, y compris ce qu’il n’impose pas.

Rien de tout cela ne demande un cabinet d’avocats pour une entreprise de quelques personnes. Une page de règles d’usage écrite et diffusée, avec la liste ci-dessus et les réglages vérifiés, couvre déjà l’essentiel du chemin.

Ce qu’Oxineo vérifie sur ce point

Nous ne sommes pas organisme de formation. Notre travail consiste à sélectionner les organismes vers lesquels nous orientons les professionnels qui nous consultent, et à écarter ceux qui ne tiennent pas la route.

Sur l’IA, la confidentialité est un de nos trois critères de tri, à égalité avec la pratique et l’actualité du contenu. C’est ce qui nous a conduits au parcours que nous proposons aujourd’hui, dont vous trouverez le programme détaillé ici. Nous vérifions que le programme traite réellement les données et le cadre légal, avec des exercices et pas seulement un chapitre théorique en fin de parcours. Beaucoup de formations vendent la productivité et expédient ce sujet en dix minutes, ce qui est exactement l’inverse de ce dont une entreprise a besoin.

Si vous voulez savoir où vous en êtes, le plus simple est d’en parler. Un conseiller regarde vos usages réels et vous dit franchement ce qui manque, et ce qui ne manque pas.

À retenir

L’essentiel en quelques points

  • Sur les formules personnelles de la plupart des outils, vos conversations servent à entraîner le modèle tant que vous ne l'avez pas désactivé.
  • Les formules professionnelles et les accès par interface de programmation ne s'entraînent pas sur vos échanges par défaut.
  • Ne jamais coller de fichier client nominatif, de donnée de santé, de coordonnée bancaire ni de document couvert par un secret.
  • La règle pratique : anonymiser d'abord, poser le contexte ensuite. Une IA n'a pas besoin du nom de votre client pour rédiger le courrier.
  • Désactiver l'entraînement n'efface pas ce qui a déjà été envoyé : le réglage protège la suite, pas le passé.

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Questions fréquentes

Ce qu’on nous demande le plus souvent

Mes conversations avec ChatGPT sont-elles utilisées pour entraîner le modèle ?

Sur les formules personnelles, gratuite comprise, l'entraînement est activé par défaut chez la plupart des éditeurs et il faut le désactiver soi-même dans les paramètres. Sur les formules professionnelles et les accès par interface de programmation, il est désactivé par défaut. Les interfaces évoluent souvent : vérifiez le réglage plutôt que de vous fier à une capture d'écran trouvée en ligne.

Si je désactive l'entraînement, mes anciennes conversations sont-elles retirées ?

Non. Le réglage vaut pour la suite. Ce qui a déjà servi à entraîner un modèle n'en est pas retiré par une case décochée. C'est la raison pour laquelle la règle de tri à l'entrée compte plus que le réglage.

Puis-je mettre un fichier client dans une IA si je fais confiance à l'éditeur ?

La question n'est pas la confiance mais la responsabilité. En transmettant des données personnelles à un outil, vous restez responsable de ce traitement vis-à-vis des personnes concernées. Sans cadre contractuel adapté et sans information des personnes, l'usage n'est pas conforme, quelle que soit la qualité de l'éditeur.

Une version payante suffit-elle à être en règle ?

Non. Une formule professionnelle règle la question de l'entraînement sur vos données, ce qui est déjà beaucoup, mais elle ne remplace ni l'information des personnes, ni l'inscription au registre des traitements, ni la vigilance sur ce que vos équipes saisissent réellement.

Comment savoir si mon équipe s'en sert déjà ?

Dans la plupart des entreprises, l'IA est entrée par la porte de derrière, sur le navigateur des salariés, sans que personne n'ait rien décidé. Le plus simple est de poser la question ouvertement, sans reproche : l'objectif est de cadrer un usage existant, pas de le sanctionner.

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