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Équipement esthétique

Louer ou acheter sa machine esthétique : ce que change vraiment chaque formule

Un commercial vous explique que la location « ne coûte rien puisque c'est déductible ». Selon votre régime fiscal, cette phrase est soit vraie, soit totalement fausse. Voici comment trancher entre louer et acheter, et ce qu'il faut lire dans le contrat avant de signer quoi que ce soit.

9 min de lecture
3 formules Crédit-bail, location financière et achat, trois régimes différents
Micro En micro-entreprise, aucun loyer ne réduit votre impôt
2013 L'arrêt qui lie le contrat de location à celui de maintenance
7 points À vérifier dans le contrat avant de signer

Quand on se renseigne sur une machine, la question du financement arrive vite, et elle arrive presque toujours par la bouche de celui qui vend l’appareil. Le raisonnement est bien rodé : ne sortez pas quinze mille euros, prenez la location, et de toute façon les loyers sont déductibles, donc cela vous coûte moins cher qu’il n’y paraît.

Cette phrase contient une vérité et une erreur, et laquelle des deux s’applique dépend entièrement de votre régime fiscal. Commençons par là, parce que c’est le point sur lequel le plus de professionnelles se font avoir de bonne foi.

Les trois formules, et qui possède quoi

Il existe trois façons de mettre une machine dans votre institut, et elles ne se ressemblent pas.

Le crédit-bail, parfois appelé leasing, est une location assortie d’une promesse unilatérale de vente. L’organisme reste propriétaire pendant toute la durée du contrat, et vous pouvez acheter l’appareil à la fin, à une valeur résiduelle fixée dès la signature. Les durées habituelles vont de trois à sept ans, calées sur la durée de vie économique du matériel.

La location financière est une opération à trois : vous choisissez la machine chez le fournisseur, un bailleur l’achète et vous la loue. La différence essentielle avec le crédit-bail tient en une ligne : il n’y a aucune option d’achat. À la fin, vous rendez l’appareil, ou vous repartez pour un tour.

L’achat, au comptant ou à crédit, fait de vous le propriétaire immédiat. La machine entre à l’actif et s’amortit. Si vous l’achetez à crédit, la dette figure au passif, et seuls les intérêts constituent une charge, pas le capital remboursé.

Un détail que peu de gens vérifient

En location financière, le bailleur n'est pas nécessairement un établissement de crédit agréé : l'Association française des Sociétés Financières précise que ces opérations peuvent aussi être proposées par des sociétés qui ne relèvent pas du code monétaire et financier. Demandez qui est exactement le bailleur, et si le contrat prévoit d'être cédé plus tard à un organisme financier tiers. C'est cette cession qui change tout en cas de litige.

L’argument fiscal, vrai au réel, faux en micro

Au régime réel, l’argument tient. Les loyers de crédit-bail sont déductibles du résultat imposable, la doctrine fiscale le dit explicitement, et les loyers de location suivent le régime général des charges. Payer un loyer réduit donc votre bénéfice, donc votre impôt.

En micro-entreprise, c’est une autre histoire, et il faut le dire clairement.

En micro, un loyer ne réduit pas votre impôt d'un centime

Le bénéfice imposable d'une micro-entreprise se calcule en appliquant au chiffre d'affaires un abattement forfaitaire, de cinquante pour cent pour les prestations de services commerciales, ce qui est le cas d'un institut. Cet abattement est réputé représenter l'ensemble de vos frais professionnels. Aucune charge réelle ne vient s'y ajouter, ni un loyer de crédit-bail, ni un amortissement. Sur ce plan précis, les trois formules sont donc strictement équivalentes, et l'argument « c'est déductible » est faux.

Le même raisonnement vaut pour la TVA. Si vous êtes en franchise en base, vous ne facturez pas de TVA et vous n’en récupérez aucune, ni sur un achat, ni sur des loyers. Le coût réel est le montant toutes taxes comprises dans les deux cas. Pour mémoire, le seuil de la franchise pour les prestations de services est de trente-sept mille cinq cents euros, avec une tolérance jusqu’à quarante et un mille deux cent cinquante.

Cela ne veut pas dire que la location est un mauvais choix en micro. Cela veut dire qu’il faut la choisir pour de bonnes raisons, la trésorerie ou l’obsolescence, et non pour un avantage fiscal qui n’existe pas dans votre situation. Et si le montant en jeu est important par rapport à votre chiffre d’affaires, c’est en soi un signal qu’il faut faire chiffrer un passage au régime réel par un comptable : c’est le seul cadre où la déduction a du sens.

Un mot sur l’amortissement, puisqu’on vous le citera peut-être. Il n’existe aucune durée officielle propre au matériel esthétique. L’administration retient les usages de la profession, avec une tolérance de vingt pour cent, et publie des taux indicatifs de dix à quinze pour cent par an pour le matériel en général. La durée de cinq ans qui circule dans les plaquettes commerciales n’est pas une règle administrative, c’est une pratique qu’il faut pouvoir justifier.

La vraie question n’est pas fiscale

Une fois le sujet de l’impôt remis à sa place, il reste trois critères, et ce sont eux qui décident.

Le premier est la trésorerie. Sortir quinze mille euros d’un coup n’a pas le même effet sur un institut qui a six mois de réserve et sur un institut qui vit au mois le mois. La location transforme un investissement en charge mensuelle, et cela a une valeur réelle, indépendamment de toute considération fiscale.

Le deuxième est l’obsolescence. Sur une technologie qui bouge vite, être propriétaire d’un appareil dépassé au bout de quatre ans est un inconvénient, pas un avantage. Sur une technologie stable et éprouvée, c’est l’inverse : au terme d’un crédit-bail, vous levez l’option pour une somme modeste et vous exploitez une machine qui ne vous coûte plus rien pendant des années.

Le troisième est votre capacité d’emprunt. Un achat à crédit ajoute une dette à votre passif, ce que voit votre banque quand vous demandez autre chose ensuite, des travaux ou un second local. La location et le crédit-bail n’apparaissent pas au bilan, seulement en annexe. Si vous avez un autre projet dans les deux ans, cela compte.

Ce qui se passe quand la machine tombe en panne

C’est le scénario qui fait le plus de dégâts, et presque personne ne l’anticipe.

Vous avez signé deux choses : un contrat de location avec un financeur, et un contrat de maintenance avec le fournisseur de la machine. Ce sont deux engagements distincts, souvent avec deux interlocuteurs différents. Quand l’appareil tombe en panne et que le fournisseur traîne, le financeur, lui, continue de prélever. Il n’est pas responsable de la maintenance, et il vous le dira. L’Association française des Sociétés Financières le confirme d’ailleurs noir sur blanc : lorsqu’un contrat est cédé à un établissement financier, les prestations annexes restent de la responsabilité du prestataire d’origine.

Il existe une porte de sortie, mais elle passe par un juge. La Cour de cassation a jugé en chambre mixte, le 17 mai 2013, que les contrats concomitants ou successifs s’inscrivant dans une opération incluant une location financière sont interdépendants, et que les clauses inconciliables avec cette interdépendance sont réputées non écrites. Autrement dit, la clause par laquelle le loueur affirme que son contrat est indépendant de celui de maintenance ne le protège pas automatiquement. C’est une vraie protection, mais elle se fait valoir en justice, pas par un courrier recommandé.

Il faut aussi savoir que ce secteur a fait l’objet d’une mise en garde officielle. En mars 2022, la DGCCRF a publié les résultats d’une enquête sur la location financière proposée aux professionnels démarchés. Elle y décrit une technique de vente en une seule visite se concluant par une signature immédiate, et un risque central : le professionnel découvre après coup que son contrat a été cédé à un organisme de location financière, qui en exige l’exécution jusqu’au terme, quarante-huit mois par exemple, même lorsque la prestation ne suit pas. Sur vingt-deux établissements contrôlés, l’enquête a donné lieu à trois avertissements, huit injonctions, trois procès-verbaux pénaux et une procédure de sanction administrative.

Cela ne veut pas dire que la location financière est à fuir. Cela veut dire qu’un contrat signé le jour même d’une démonstration, sans avoir été lu à tête reposée, est un mauvais contrat par construction.

Les sept points à vérifier avant de signer

  • Qui est le bailleur exactement, et le contrat prévoit-il d'être cédé à un organisme financier tiers
  • La durée ferme, l'existence d'une tacite reconduction, et le préavis pour y mettre fin
  • Le montant chiffré de l'indemnité en cas de résiliation anticipée, calculé sur un exemple réel
  • Qui prend en charge la panne, et ce qui se passe pour les loyers pendant l'immobilisation
  • Qui assure le matériel, à quelle hauteur, et qui paie cette assurance
  • S'il existe une option d'achat, et pour quelle valeur résiduelle
  • Ce qu'il advient des consommables et des mises à jour : lampes, cartouches, applicateurs, logiciel

Le septième point mérite une insistance particulière. Sur beaucoup d’appareils, le consommable représente une part significative du coût d’exploitation, et il est presque toujours hors contrat de location. Un loyer attractif assorti de consommables chers n’est pas une bonne affaire, c’est un déplacement du coût.

Le calcul qui compte vraiment

La tentation, face à deux propositions, est de comparer le montant mensuel. C’est le mauvais angle, comme pour le prix d’achat.

Ce qui détermine la rentabilité d’un appareil, c’est le nombre de séances que vous vendrez réellement dans l’année, donc la taille de la clientèle éligible dans votre zone, la place que ces séances prendront dans votre agenda, et votre capacité à vendre des forfaits plutôt que des séances isolées. Une fois ce chiffre posé, la question du financement devient simple : quelle formule vous permet d’atteindre ce volume sans mettre votre trésorerie en tension.

Posé dans cet ordre, le choix se fait presque tout seul. Posé dans l’ordre inverse, en partant du loyer mensuel, on finit par signer pour quarante-huit mois un appareil qui ne trouvera jamais sa clientèle.

Ce qu’Oxineo en fait

Nous proposons de la location de machines. Autant le dire avant d’aller plus loin, parce que cela devrait vous rendre prudent sur tout ce que vous venez de lire.

C’est précisément pour cette raison que nous préférons l’écrire noir sur blanc : la location n’est pas toujours la bonne réponse. Si vous êtes en micro-entreprise, que vous avez les fonds disponibles, et que la technologie visée est stable, acheter est souvent plus intelligent. Un conseiller qui ne vous dit jamais cela ne conseille pas, il vend.

Ce que nous vérifions chez les fournisseurs vers lesquels nous orientons, ce sont les mêmes sept points que ceux de la liste ci-dessus, plus deux choses : que le contrat soit remis avant la démonstration et non pendant, et que la maintenance soit chiffrée et engageante plutôt que promise oralement à la livraison.

Enfin, une précision qui a son importance : rien de ce qui est écrit ici ne remplace l’avis de votre expert-comptable, en particulier sur le choix de régime fiscal et sur la durée d’amortissement. Nous vous disons ce qu’il faut regarder, pas ce qu’il faut déclarer.

Si vous voulez y voir clair sur votre propre situation, le plus simple est d’en parler. Vous pouvez aussi parcourir notre sélection d’équipements, ou relire notre point sur le choix entre lumière pulsée et laser diode, qui traite de la technologie là où celui-ci traite du financement.

À retenir

L’essentiel en quelques points

  • Le crédit-bail comporte une option d'achat, la location financière n'en comporte aucune : vous ne deviendrez jamais propriétaire.
  • Les loyers sont déductibles au régime réel, mais en micro-entreprise l'abattement forfaitaire couvre déjà tout : aucune charge réelle ne se déduit.
  • En franchise en base de TVA, la TVA n'est récupérable ni sur un achat, ni sur des loyers.
  • La DGCCRF a documenté les ventes en une seule visite suivies de la cession du contrat à un organisme financier, difficile à résilier.
  • Une machine en panne n'arrête pas les loyers dus au financeur, sauf à faire jouer l'interdépendance des contrats devant un juge.

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Questions fréquentes

Ce qu’on nous demande le plus souvent

Quelle est la différence entre crédit-bail et location financière ?

Le crédit-bail comporte une promesse unilatérale de vente : à la fin du contrat, vous pouvez acheter la machine à une valeur résiduelle fixée dès le départ. La location financière n'en comporte pas, vous restez locataire jusqu'au bout. Autre différence, moins visible : un loueur en location financière n'est pas nécessairement un établissement de crédit agréé, ce que rappelle l'Association française des Sociétés Financières.

Les loyers sont-ils vraiment déductibles ?

Au régime réel, oui, dans les conditions générales de déductibilité des charges, et la doctrine fiscale le confirme explicitement pour le crédit-bail mobilier. En micro-entreprise, non : l'abattement forfaitaire est réputé couvrir l'ensemble de vos frais professionnels, et aucune charge réelle ne vient s'y ajouter.

Sur combien d'années amortit-on une machine esthétique si on l'achète ?

Il n'existe pas de durée officielle propre au matériel esthétique. L'administration retient les usages de la profession, avec une tolérance de vingt pour cent, et publie des taux indicatifs de dix à quinze pour cent par an pour le matériel. La durée de cinq ans que l'on lit dans les plaquettes commerciales n'est pas une règle administrative : c'est à justifier par l'usage réel et l'obsolescence constatée, avec votre expert-comptable.

Si la machine tombe en panne, puis-je arrêter de payer ?

Non, pas de votre propre initiative. Le contrat de location et le contrat de maintenance sont en général signés avec deux interlocuteurs différents, et le financeur exige ses loyers indépendamment de l'état de l'appareil. La Cour de cassation a toutefois jugé en 2013 que les contrats participant d'une même opération de location financière sont interdépendants, et que les clauses contraires sont réputées non écrites. C'est une voie, mais elle passe par un juge.

Que se passe-t-il si je veux résilier avant la fin ?

Le contrat prévoit presque toujours le paiement des loyers restant à courir, souvent majorés. Ces clauses sont régulièrement analysées comme des clauses pénales, ce qui permet au juge de les modérer lorsque le montant est manifestement excessif. Mieux vaut chiffrer cette indemnité avant de signer que d'espérer la faire réduire après.

La location est-elle toujours le bon choix ?

Non. Elle a du sens quand la trésorerie compte plus que la propriété, quand la technologie évolue vite, ou quand vous voulez préserver votre capacité d'emprunt pour autre chose. Elle en a beaucoup moins si vous êtes en micro-entreprise, si l'appareil a une durée de vie longue et une technologie stable, et si vous avez les fonds disponibles.

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