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Équipement esthétique

IPL ou laser diode : comment choisir la technologie d'épilation de votre institut

Depuis 2024, le laser d'épilation n'est plus réservé aux médecins. Beaucoup d'instituts se posent donc la question pour la première fois, et se font conseiller par des vendeurs de machines. Voici les critères qui décident réellement, du point de vue de votre agenda et de votre clientèle.

6 min de lecture
Depuis 2024 Le laser est ouvert aux professionnels de l'esthétique formés
1 longueur d'onde Le laser cible, la lumière pulsée disperse
8 à 12 Séances en moyenne avec un laser diode
1er sept. 2027 Formation socle exigée, pour les deux technologies

Il y a deux ans, la question ne se posait pas en institut : le laser d’épilation était réservé aux médecins. Un décret de mai 2024 a changé cela, et depuis, beaucoup de professionnelles se demandent pour la première fois s’il faut passer au laser, ou rester sur la lumière pulsée. Le problème est que la réponse leur vient le plus souvent d’un commercial qui vend l’une des deux technologies.

Voici les critères qui décident vraiment, en partant de votre clientèle et de votre agenda plutôt que d’une fiche produit.

Le préalable que beaucoup ignorent encore

Jusqu’en 2024, un arrêté de 1962 réservait l’épilation au laser et à la lumière pulsée aux seuls médecins. Ce cadre était contesté depuis des années devant les juridictions françaises et européennes, et il a fini par tomber.

Le décret du 24 mai 2024 ouvre les actes d’épilation à la lumière pulsée intense et au laser à visée non thérapeutique à trois catégories de professionnels : les médecins, les infirmiers diplômés d’État, et les professionnels qualifiés en soins esthétiques non médicaux.

Ce que le décret n'a pas supprimé

L'ouverture s'accompagne d'obligations qui restent entières : la formation prévue par l'arrêté du 19 février 2025, l'information de la cliente, la vérification des contre-indications avant chaque séance, le signalement des effets indésirables et l'affichage des avertissements dans l'établissement. Nous détaillons le volet formation dans un article dédié.

Cela signifie que le choix entre les deux technologies est désormais un choix d’équipement, et non plus une frontière réglementaire. Les deux sont accessibles au même professionnel, avec la même exigence de formation.

Ce qui sépare réellement les deux technologies

La différence tient en une phrase, et tout le reste en découle.

Un laser émet une lumière d’une seule longueur d’onde, dirigée et cohérente. La lumière pulsée émet un large spectre. Le premier dépose son énergie de façon sélective sur le follicule, la seconde la disperse.

Cette dispersion a deux conséquences pratiques. L’énergie utile qui atteint réellement le bulbe est moindre, ce qui allonge le nombre de séances. Et l’énergie qui n’atteint pas sa cible est absorbée ailleurs, notamment par la mélanine de la peau, ce qui explique pourquoi la lumière pulsée est plus délicate sur les peaux mates.

Les écarts à retenir

  • Le laser cible une longueur d'onde unique, la lumière pulsée couvre un large spectre
  • Les comparatifs publiés situent le laser diode autour de huit à douze séances, la lumière pulsée souvent au-delà
  • La lumière pulsée convient surtout aux phototypes clairs, un laser adapté couvre une plage plus large
  • Les deux ont des limites réelles sur les poils très clairs et le duvet, sans exception
  • Le confort dépend beaucoup du refroidissement intégré à l'appareil, plus que de la technologie elle-même

Ces ordres de grandeur viennent de comparatifs professionnels et varient selon la zone traitée, le phototype et la pilosité. Ils servent à construire vos forfaits, pas à promettre un résultat à une cliente.

Les quatre critères qui décident, pour un institut

Le premier, et de loin le plus important, est la composition réelle de votre clientèle. Si une part significative de vos clientes a une peau mate, la question est tranchée avant même de commencer : il vous faut une technologie capable de les traiter en sécurité, sinon vous vendrez des forfaits que vous ne pourrez pas honorer, ou pire, vous prendrez des risques.

Le deuxième est la cadence. Une technologie qui demande moins de séances pour un résultat équivalent libère des créneaux dans votre agenda. Sur une activité d’épilation, qui vit de la récurrence et des forfaits, la place occupée par cliente compte autant que le prix de la séance.

Le troisième est la polyvalence. Un appareil de lumière pulsée à double pièce à main peut servir au-delà de l’épilation, sur la photoréjuvénation ou les taches pigmentaires par exemple. Pour un institut qui ne peut s’équiper que d’une seule machine, cette polyvalence pèse lourd face à une spécialisation plus performante mais monotâche.

Le quatrième est votre positionnement. L’épilation définitive est aujourd’hui un marché très concurrentiel dans la plupart des zones. Si des centres laser sont déjà installés autour de vous, arriver avec une technologie perçue comme moins performante vous place d’emblée en comparaison défavorable, même si le résultat sur votre clientèle serait correct.

Le calcul qui compte vraiment

La tentation, face à deux devis, est de comparer le montant. C’est le mauvais angle.

Ce qui détermine la rentabilité d’un appareil d’épilation n’est pas son coût, c’est le nombre de séances que vous vendrez réellement dans l’année, et donc la taille de la clientèle éligible dans votre zone, la place que ces séances prendront dans votre agenda, et votre capacité à vendre des forfaits plutôt que des séances isolées.

Un équipement plus performant qui vous ouvre une clientèle que vous refusiez jusqu’ici change votre chiffre d’affaires bien plus qu’un équipement moins cher qui vous laisse sur le même périmètre. À l’inverse, si votre zone est déjà saturée sur l’épilation, la meilleure machine du monde ne créera pas de demande.

C’est exactement ce calcul que doit faire votre conseiller avec vous, sur vos chiffres et pas sur une moyenne nationale.

Et la formation dans tout ça

Quel que soit votre choix, la formation socle est obligatoire, avec une durée qui dépend de la technologie retenue et une remise à niveau tous les cinq ans. La mise en conformité est attendue pour le 1er septembre 2027.

Ce point mérite d’entrer dans votre décision plutôt que de la suivre. Si vous envisagez de vous équiper des deux technologies à terme, le parcours combiné est plus efficace qu’une formation suivie deux fois à un an d’intervalle. Vous trouverez le détail des parcours sur notre page formations esthétique.

Ce qu’Oxineo vérifie sur ce point

Nous ne fabriquons ni ne vendons de machines. Notre travail consiste à sélectionner les fournisseurs vers lesquels nous orientons les professionnelles qui nous consultent, et à écarter ceux qui ne tiennent pas la route.

Sur l’équipement d’épilation, nous regardons trois choses en particulier. La plage de phototypes réellement traitée, annoncée sans exagération commerciale. La disponibilité du service après-vente et des pièces, parce qu’une machine immobilisée trois semaines coûte plus cher que l’écart de prix entre deux modèles. Et la formation à l’appareil, qui doit être prévue et effective, pas promise vaguement à la livraison.

Si vous voulez y voir clair sur votre propre situation, le plus simple est d’en parler. Vous pouvez aussi parcourir notre sélection d’équipements pour vous faire une première idée.

À retenir

L’essentiel en quelques points

  • Le décret du 24 mai 2024 ouvre l'épilation laser non thérapeutique aux professionnels de l'esthétique qualifiés et formés.
  • Le laser émet une longueur d'onde unique et cible mieux le follicule ; la lumière pulsée émet un large spectre et disperse davantage l'énergie.
  • Le laser donne généralement des résultats sur moins de séances, notamment sur poils foncés et peaux plus mates.
  • La lumière pulsée reste polyvalente au-delà de l'épilation, ce qui compte quand la machine doit servir à plusieurs prestations.
  • Les deux technologies exigent la même formation socle, à jour avant le 1er septembre 2027.

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Questions fréquentes

Ce qu’on nous demande le plus souvent

Une esthéticienne peut-elle vraiment pratiquer l'épilation laser ?

Oui. Le décret du 24 mai 2024 a ouvert les actes d'épilation à la lumière pulsée et au laser à visée non thérapeutique aux médecins, aux infirmiers diplômés d'État et aux professionnels qualifiés en soins esthétiques non médicaux. Avant ce texte, un arrêté de 1962 les réservait aux médecins. La formation prévue par l'arrêté du 19 février 2025 reste obligatoire.

Le laser est-il toujours plus efficace que la lumière pulsée ?

Sur l'épilation de poils foncés et bien pigmentés, le laser est plus sélectif et demande généralement moins de séances. Sur des poils très clairs ou du duvet, les deux technologies ont des limites réelles, et aucune ne fait de miracle.

Quelle technologie pour une clientèle aux peaux mates ?

C'est le point qui doit orienter le choix en priorité. La lumière pulsée est surtout adaptée aux phototypes clairs et expose à plus de risques de brûlure et de taches sur peaux foncées. Un laser à longueur d'onde adaptée couvre une plage de phototypes plus large. Faites l'inventaire réel de votre clientèle avant de décider.

Combien de séances faut-il prévoir ?

Les comparatifs publiés situent le laser diode autour de huit à douze séances en moyenne, et la lumière pulsée souvent au-delà. Cela dépend fortement de la zone, du phototype et de la pilosité, donc ces ordres de grandeur servent à construire des forfaits, pas à faire une promesse au client.

Faut-il la même formation pour les deux ?

La formation socle est obligatoire pour les deux, avec des durées différentes selon la technologie, et une remise à niveau tous les cinq ans. La mise en conformité est attendue pour le 1er septembre 2027.

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